Comment ré-ensauvager les jardins ?

Chaque jeudi, recevez une fiche pour : apprendre à reconnaitre une espèce, comprendre son rôle dans l'écosystème et savoir comment la favoriser. Car comprendre c'est le début de la préservation 🐞

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Par Quentin Laviepartout
29 articles
11 janv. · 3 mn à lire
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Nourrir les oiseaux (sans les intoxiquer)

Avec cette newsletter, vous allez tout savoir sur le nourrissage des oiseaux. Faut-il le faire ? Quand ? Quoi donner ? Quand faut-il arrêter ? Toutes ces choses à savoir pour bien prendre soin de nos amis à plumes. Bonne lecture.

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L’an dernier la cagnotte a permis de financer : la saison 2 du podcast et l’arrivée d’une monteuse pour les vidéos Instagram. Le temps libéré m’a permis de lancer cette newsletter !

Cette cagnotte n’a l’air de rien, mais elle me permet de ne pas dépendre de la publicité pour produire les différents contenus que vous recevez chaque semaine. Je rêve que La vie partout devienne un média 100% financé par les personnes qui en profitent. Je crois beaucoup à ce petit rêve, car c’est en rêvant qu’on avance n’est-ce pas ?

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Le compost laisse sa place aux oiseaux

La semaine dernière je vous vous parlais du compostage, en vous promettant une petite fiche récap des bonnes pratiques. Sauf qu’entre-temps , je suis tombé sur une mangeoire à oiseaux remplie de pain.

Un sacré souci, car le pain est toxique pour les oiseaux. Alors je me suis dit qu’un petit récap des bonnes pratiques en matière de nourrissage des oiseaux pouvait s’avérer utile. Histoire de ne pointer personne du doigt, mais d’en apprendre davantage sur les oiseaux qui vivent à nos côtés.

Voici le bouvreuil pivoine, un de mes oiseaux préférés © Lasse NystedtVoici le bouvreuil pivoine, un de mes oiseaux préférés © Lasse Nystedt

Avant toute chose : faut-il nourrir les oiseaux en hiver ?

Ça peut surprendre, mais le nourrissage des oiseaux en hiver n’est pas vraiment “utile” à leur survie. Les oiseaux sont adaptés à survivre à l’hiver. Certains changent de régime alimentaire (on y reviendra), d’autres migrent vers des horizons plus cléments (sujet abordé dans cet épisode du podcast) tandis que d’autres savent où trouver leur nourriture.

Normalement, l’environnement à lui seul suffit à nourrir les oiseaux, sauf en cas de conditions extrêmes. D’après
Grégoire Loïs, biologiste au Muséum national d’Histoire naturelle, le nourrissage a surtout d’autres vertus.

Je vous cite directement l’article du Museum sur le sujet : “Le nourrissage nous permet de contempler la vie sauvage, de créer du lien avec la nature et de générer de l’empathie envers ces animaux. Les oiseaux sont peu farouches. Ils s’approchent sans trop de crainte des habitations, ce qui permet de les observer depuis une fenêtre.”

D’ailleurs, la LPO propose des mangeoires à coller aux vitres pour observer les oiseaux de près. Ils proposent aussi des autocollants à mettre sur les baies vitrées pour éviter qu’ils ne s’y cognent.

Exemple de mangeoire pour fenêtre proposée par la LPO Exemple de mangeoire pour fenêtre proposée par la LPO

Maintenant que nous avons répondu à cette question, intéressons-nous au régime alimentaire de nos amis à plumes.

Ceux qui mangent des insectes

Les insectivores sont souvent des oiseaux avec un bec long et fin, comme le troglodyte mignon par exemple. Sauf qu’en hiver, les insectes se font très très rares. Alors ces oiseaux changent de régimes alimentaires et deviennent granivores.

Ne pas donner d’insectes en hiver : donner de la pâté d’insectes ou des insectes séchés aux oiseaux en hiver n’est pas une bonne idée. Les oiseaux adaptent leur comportements à la nourriture disponible. S’ils trouvent des insectes cela peut changer leur régime alimentaire, qui passera “en mode printemps”. Les oiseaux risquent de chercher des insectes qui ne sont toujours pas sortis de leurs cachettes, ou de chercher à se reproduire.

Le troglodyte mignon avec sa queue redressée  © René DumoulinLe troglodyte mignon avec sa queue redressée © René Dumoulin

Ceux qui mangent des graines

Les granivores ont souvent des becs courts et solides, comme chez le bouvreuil pivoine ou le chardonneret. Il peut leur arriver d’avoir du mal à trouver leur nourriture en hiver dans certaines conditions.

Par exemple si l’hiver est particulièrement rude et que la neige recouvre leurs sources de nourriture. Il peut aussi exister des écosystèmes où les haies et les prairies sont tellement “entretenues” qu’il ne leur reste plus grand chose à picorer. Alors c’est à vous de jouer.

Les chardonnerets adorent les graines de cardère © Laurent Degradi Les chardonnerets adorent les graines de cardère © Laurent Degradi

Règle n°1 : les oiseaux mangent sans sel

Leurs reins ont beaucoup de mal à filtrer le sel et les oiseaux risquent de se déshydrater s’ils en consomment. Donc retenons bien : pas d’aliments contenant du sel pour les oiseaux.

Règle n°2 : le pain, c’est pour les humains

Le pain est une véritable calamité pour les oiseaux. Et pourtant, nous sommes nombreuses et nombreux à en donner aux canards. Il faut savoir que le pain contient beaucoup de sel ainsi que du gluten. Deux substances que l’organisme des oiseaux a du mal à gérer.

Le pain (et le gluten qu’il contient) provoque des maladies du foie et des problème osseux chez les oiseaux, comme la
malformation appelée '“ailes d’anges”. Cette malformation les empêche de voler.

Règle n°3 : les boules, c’est sans filet

Si vous achetez des boules de graisses dans le commerce, je vous invite à retirer leur filet. Les oiseaux peuvent se coincer les pattes dedans et y rester piégés.

À gauche OK / à droite PAS OKÀ gauche OK / à droite PAS OK

Antisèche : aliments pour oiseaux (source LPO)

ALIMENTS À PROSCRIRE

  • les graisses animales

  • le lait : provoque des troubles digestifs mortels

  • les biscuits (pour animaux domestiques comme pour humains)

  • les mélanges de graines bon marché avec petits pois, lentilles et riz

  • graines salées comme les cacahuètes salées par exemple

  • les graines de courges et de ricin qui sont toxiques

  • les insectes ou pâtés à base d’insectes

ALIMENTS TRÈS BONS

  • les mélanges de graines avec 1/3 de tournesol noir, 1/3 de cacahuètes et 1/3 de maïs concassé

  • les pains de graisses végétales simples ou avec des graines et fruits rouges

  • les graines de tournesol, amandes, noix, noisettes, millet, avoine. Elles ne doivent être ni grillées et ni salées.

  • les fruits de saison : pomme, poire

L’eau aussi est importante

Nous l’oublions souvent, mais l’eau peut aussi se faire rare en hiver. Les flaques et petites mares peuvent rester gelées pendant plusieurs jours. Alors un point d’eau sera toujours bienvenu.

Moineau profitant d'un abreuvoir dégelé Moineau profitant d'un abreuvoir dégelé

Règle n°4 : le nettoyage

La mangeoire entraine une concentration d’oiseaux en un même point. Des oiseaux qui d’ordinaire ne se côtoient pas d’aussi près. C’est le contexte idéal à la prolifération des maladies. Alors, si possible, un nettoyage régulier voire quotidien aidera les oiseaux à ne pas tomber malade.

Quand stopper le nourrissage ?

Il est conseillé d’arrêter le nourrissage une fois le printemps venu. Ainsi les oiseaux reprendront leurs comportements naturels et le nourrissage n’influencera pas la nidification.

Au printemps, les insectes sont de retour. C'est le moment parfait pour lancer la saison de reproduction. Au printemps, les insectes sont de retour. C'est le moment parfait pour lancer la saison de reproduction.

Agir en Conscience

J’espère que cette newsletter vous a appris des choses. Pour moi, la pédagogie permet d’entretenir la curiosité, et c’est cette curiosité qui nous connecte au monde qui nous entoure. Observer les oiseaux permet de comprendre leurs habitudes, leurs moeurs et leur régime alimentaire. Les enfants peuvent apprendre à les reconnaître, à se familiariser avec eux. Car on entend partout qu’il faut “préserver la biodiversité”, mais pour la protéger, il faut déjà connaître les espèces qui nous entourent. En effet, comment préserver quelque chose dont on ignore l’existence ou les besoins ?

L’avantage, c’est qu’il est possible de faire des choses simples pour préserver le monde vivant : vous pouvez planter des plantes locales, laisser les feuilles au pied des arbres, offrir vos trognons de pomme aux oiseaux ou laisser un tas de bois pourrir au fond du jardin.

Chaque geste compte.

Merci de m’avoir lu, à jeudi prochain.

Quentin

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